Pour moi, c’est ça le bonheur. Être totalement présent dans le moment, atteindre un état de fluidité. Et je peux y arriver tous les jours grâce à la course et grâce à mon art. Si je ne vais pas courir, ou si je ne crée pas, je ne suis pas très agréable à côtoyer. Je n’aime pas vivre dans un état de « ce qui aurait pu être ». C’est de là que vient mon sentiment d’urgence.
C’est curieux, votre philosophie créative semble tellement basée sur le mouvement humain. Comment expliquez-vous votre relation avec les voitures?
J’ai un faible pour les voitures. Pour une raison que j’ignore, je finis toujours par avoir des studios dans des garages. Mais aussi, je trouve simplement que les voitures sont sexy. Et je viens de Mississauga. Pour sortir de cette ville, il faut une voiture. Mes amis et moi allions souvent faire une balade tard le soir avec de la bonne musique.
Je suis aussi inspiré par la vitesse des voitures. Recevoir de telles informations visuelles, ça ressemble beaucoup à la course. C’est flou, il y a ce mouvement de couleur et d’énergie, au lieu de simplement marcher, d’être un piéton. C’est comme ma relation avec la peinture. Je ne suis pas très amateur de natures mortes. J’aime le travail gestuel, les choses qui impliquent les mouvements du corps, de tout mon corps, une action complète.
Vous savez, il y a une Toyota Corolla 1973 appelée « Mango ». Elle est tellement belle. J’aimerais tellement me promener à Venice Beach au volant de cette voiture.
Comment avez-vous trouvé le tournage de Driving Creativity?
C’était génial. Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de fermer le Lakeshore Boulevard pour se promener en voiture. Il y avait tout cet incroyable équipement, ces caméras, autour de moi et j’ai même eu droit à une escorte policière.